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Avis Google et fiche d’établissement

Ce que vous pouvez faire de votre fiche et des avis, ce que l’Ordre en dit, et comment réagir sans jamais rompre le secret professionnel.

  • Lecture : 9 min
  • À jour au 28 septembre 2026
  • Textes de référence cités

Votre cabinet a peut-être déjà une fiche sur Google, avec des avis que vous n’avez pas demandés. La fiche se gère ; les avis, beaucoup moins. Deux séries de règles s’y croisent : celles de Google, entreprise privée, et les vôtres, qui passent avant : secret professionnel, communication loyale, sans témoignage ni avantage consenti au patient.

01Votre fiche d’établissement

Une fiche d’établissement présente votre cabinet dans la recherche et sur les cartes de Google. Elle existe parfois déjà, créée sans vous : Google permet alors de la revendiquer, puis de la valider. Si quelqu’un d’autre l’a validée, un ancien associé par exemple, vous pouvez lui demander de vous la transférer. Google examine ensuite chaque modification avant de la publier. Dans un cabinet de groupe, chaque praticien peut avoir sa fiche, en plus de celle du cabinet.

À tenir à jour
Le nom
Le nom réel du cabinet ou le vôtre, comme sur votre plaque. Sans mots-clés ajoutés : les consignes de Google l’interdisent.
L’adresse
Exacte, écrite comme sur votre site, et le repère placé sur la bonne entrée.
Les horaires
Vos horaires habituels, et les horaires exceptionnels : congés, jours fériés, fermeture.
Le téléphone et le site
Le numéro du cabinet et l’adresse de votre site.
Le rendez-vous
Google permet d’ajouter un lien « prendre rendez-vous » vers votre outil de prise de rendez-vous en ligne.
Les photos
La façade, l’entrée, la salle d’attente ; votre équipe, avec l’accord de chacun. Jamais un patient.

Pour l’Ordre, un annuaire est « tout support susceptible d’accueillir une liste de chirurgiens-dentistes à destination du public ». La prudence est de traiter votre fiche comme tel, et de vous en tenir à ce que l’article R.4127-⁠217 y admet : identité, moyens de vous joindre, horaires, situation vis-à-vis de l’Assurance maladie, spécialité, titres reconnus, informations pratiques.

02Ce que l’Ordre dit des avis

Le code de déontologie ne parle pas de Google. Il pose un principe : votre communication « ne fait pas appel à des témoignages de tiers » (article R.4127-⁠215-⁠1). Les recommandations de l’Ordre, modifiées en dernier lieu le 19 juin 2026, en tirent la conséquence :

« Une communication loyale et honnête ne fera pas appel à des témoignages de tiers ni à des notations. »
Recommandations du Conseil national de l’Ordre

Elles ajoutent que des témoignages de patients sur votre site « tendraient à être une information trompeuse ». En septembre 2025, l’Ordre est allé plus loin : jugeant ces avis invérifiables et, pour des soignants tenus au secret, sans réponse possible, il a demandé au ministère de la Santé d’obtenir de Google leur suppression pure et simple (La Lettre de l’Ordre n° 224). Cette demande ne change pas, à elle seule, les règles d’aujourd’hui.

Demander des avis à vos patients ? Aucun texte ne vise expressément ce cas, et l’Ordre ne l’a pas tranché. Au vu de sa position, la prudence recommande de ne pas en solliciter.

À éviter
  • Solliciter des avis : affichette ou code QR au cabinet, message après un rendez-vous, lien sur votre site.
  • Offrir quoi que ce soit en échange d’un avis. L’article R.4127-⁠221 interdit tout avantage injustifié et toute ristourne à un patient, et Google interdit les contreparties.
  • Reprendre vos avis ou votre note sur votre site, vos réseaux sociaux ou vos documents : ce sont des témoignages de tiers.

03Répondre sans rompre le secret

Un avis vous met en cause, parfois injustement. Le vrai risque serait d’y répondre sur le fond.

Article R.4127-⁠206 · ce que couvre le secret

Le secret professionnel s’impose à tout chirurgien-dentiste. Il couvre « tout ce qui est venu à la connaissance du chirurgien-dentiste dans l’exercice de sa profession, c’est-à-dire non seulement ce qui lui a été confié, mais aussi ce qu’il a vu, entendu ou compris ».

Le fait même qu’une personne ait consulté au cabinet en fait partie. Pour l’Ordre, le secret est « un principe à valeur absolue dont le patient ne peut délier le praticien » : même si l’auteur de l’avis raconte lui-même ses soins, vous ne pouvez pas les commenter. Ses recommandations citent d’ailleurs, parmi les manquements, le fait de « répondre à un avis nominatif et identifiable de patients ». La révélation d’une information secrète est aussi un délit, puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 226-13 du Code pénal).

  • Ne confirmez pas, et ne démentez pas, qu’une personne est patiente du cabinet.
  • Ne citez ni date, ni soin, ni devis, ni échange, même pour rectifier une erreur.
  • Si vous répondez, faites-le avec la même réponse neutre pour tous les avis, positifs comme négatifs.
Une réponse type, qui ne confirme rien

« Merci pour votre message. Le secret professionnel nous interdit de commenter la situation d’une personne, et même de confirmer qu’elle a été reçue au cabinet. Si vous souhaitez en parler, le cabinet reste joignable aux coordonnées indiquées. »

04Demander le retrait d’un avis

Un avis négatif n’est pas illicite pour autant : un patient peut exprimer son mécontentement. En revanche, un avis qui vous impute un fait précis portant atteinte à votre honneur (c’est la diffamation, définie par l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881), qui vous injurie, ou qui enfreint les règles de la plateforme peut être retiré. Plusieurs voies existent, qui peuvent se cumuler.

Signaler l’avis à Google
Depuis votre fiche, ou avec l’outil de gestion des avis de Google, en choisissant le motif. En cas de refus, Google permet un recours unique. Le règlement européen sur les services numériques (DSA, article 16) oblige l’hébergeur à examiner votre signalement et à vous répondre, en indiquant les voies de recours.
Garder des preuves
Des captures datées de l’avis et de son adresse. Pour une diffamation, l’action se prescrit par trois mois à compter de la publication (article 65 de la loi de 1881).
Saisir le juge
Le président du tribunal judiciaire peut ordonner toute mesure propre à faire cesser un dommage causé par un contenu en ligne (article 6-3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique).
Invoquer vos données
Votre fiche contient des données personnelles : le RGPD vous ouvre un droit d’opposition et d’effacement (articles 21 et 17), et une réclamation auprès de la CNIL (article 77). Le 22 mai 2025, la cour d’appel de Chambéry a ordonné à Google de supprimer la fiche d’une chirurgienne-dentiste créée sans son accord (n° 22/01814) : une décision rendue sur un cas précis, dont la portée reste à confirmer.

Un avocat vous dira quelle voie choisir. Attention : présenter un contenu comme illicite à un hébergeur en sachant que c’est inexact est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 6, VII, de la même loi).

05Ni achat ni faux avis

Acheter des avis, en rédiger, en faire écrire par des proches ou par l’équipe : un faux avis induit le public en erreur, ce que l’article R.4127-⁠215-⁠1 interdit. C’est aussi une infraction. Le Code de la consommation s’applique à tout professionnel, y compris libéral (article liminaire), et range ces pratiques parmi les pratiques commerciales réputées trompeuses.

Code de la consommation, article L.121-⁠4, 28°

Sont réputées trompeuses les pratiques commerciales qui ont pour objet « de diffuser ou faire diffuser par une autre personne morale ou physique des faux avis ou de fausses recommandations de consommateurs ou modifier des avis de consommateurs ou des recommandations afin de promouvoir des produits ». Le 21° du même article vise le fait de se présenter faussement comme un consommateur.

La peine encourue est de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende (article L.132-⁠2). La DGCCRF précise que « le professionnel, le prestataire comme les particuliers démarchés engagent leur responsabilité pénale ». Si un prestataire vous propose de « gérer votre e-réputation » en publiant des avis, refusez.

06Récapitulatif

SituationRéflexeTexte
Une fiche existe, que vous ne gérez pasRevendiquerAide Google
Congés, fermeture, nouveaux horairesActualiserAide Google
L’envie de demander des avisS’abstenirR.4127-⁠215-⁠1
Un avis vous met en causeNeutralitéR.4127-⁠206
Un avis diffamatoire ou injurieuxSignalerDSA, loi de 1881
Une offre d’avis à acheterRefuserCode de la consommation

Sur un site DoctoClic, aucun avis, aucune note ni aucun témoignage de patient n’est publié : c’est écrit dans les mentions légales de chaque site.

Ce guide résume les textes et les recommandations de l’Ordre en vigueur au 28 septembre 2026, ainsi que les pages d’aide de Google consultées à cette date. Il ne remplace pas l’avis de votre conseil départemental de l’Ordre ni celui d’un juriste.

07Sources

Un site conforme, sans avis ni note.Votre démo, à votre nom, par e-mail.
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