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Réseaux sociaux : ce que l’Ordre attend
Ce que vous pouvez publier, ce que vous évitez, et comment protéger le secret professionnel dans les photos comme dans les commentaires.
- Lecture : 7 min
- À jour au 28 septembre 2026
- Textes de référence cités
Les réseaux sociaux ne sont pas un monde à part. L’article R.4127-215-1 vous permet de communiquer « par tout moyen », et les règles y sont les mêmes que sur votre site. Deux points y demandent plus d’attention qu’ailleurs : l’image des patients, et les échanges publics, où une seule réponse peut rompre le secret professionnel.
01Ce que vous pouvez publier
Depuis le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020, vous pouvez informer le public sur vos compétences et pratiques professionnelles, votre parcours et vos conditions d’exercice (article R.4127-215-1, I), et diffuser à des fins éducatives des informations de santé scientifiquement étayées, « avec prudence et mesure » (II). Sur un réseau social, cela donne par exemple :
- La vie du cabinet
- Horaires, fermetures, arrivée d’un confrère, nouvel équipement présenté sans le valoriser.
- Une annonce
- Installation, transfert, cessation d’activité : l’article R.4127-219 le permet, sur un support non commercial et à une fréquence raisonnable, précise l’Ordre.
- De la prévention
- Brossage, alimentation, suivi des enfants : des données confirmées, sans présenter une hypothèse comme acquise (article R.4127-215-3).
- Votre équipe
- Avec l’accord de chacun : l’Ordre rappelle que le droit civil s’applique aux photos de l’équipe.
- Votre parcours
- Vos diplômes, titres et fonctions reconnus par l’Ordre, dans leur libellé officiel ; une formation non reconnue, avec la mention qui le précise.
L’Ordre admet aussi la mention de vos réseaux sociaux sur vos ordonnances et dans les annuaires. Le détail de ce que votre communication peut présenter est dans le guide Ce que l’Ordre autorise.
02Ce qu’on évite
Les recommandations de l’Ordre, et sa Lettre n° 196 consacrée en 2022 aux nouveaux médias, citent des exemples précis :
- Un patient reconnaissable, même avec son accord : voir la partie suivante.
- Les photos « avant / après ». Elles suggèrent un résultat positif certain.
- Les vidéos « accrocheuses » et trompeuses. L’Ordre les cite comme contraires à la dignité de la profession.
- La promotion d’une marque ou d’un produit : placement de produit, contrat avec une marque, rémunération selon l’audience (article R.4127-225).
- Les jeux-concours avec cadeaux et les publireportages. L’Ordre les interdit au chirurgien-dentiste.
- Les promotions sur les soins. « La troisième couronne à moitié prix » est l’exemple donné par l’Ordre.
- Les comparaisons avec vos confrères, et toute critique à leur égard.
- Les messages de patients mis en avant : partager un remerciement revient à faire appel à un témoignage de tiers.
Les publications sponsorisées, payées pour être montrées à plus de monde, ne sont visées nommément par aucun texte. Mais l’article R.4127-217 interdit le référencement prioritaire, et l’Ordre demande de n’utiliser que des supports « compatibles avec une activité qui ne saurait être pratiquée comme un commerce » : la prudence recommande de ne pas en faire. En novembre 2023, la Lettre n° 209 de l’Ordre titrait : « Influenceurs : le temps de la pédagogie est terminé ».
03Photos et vidéos : le secret d’abord
La règle est stricte :
« Dès lors qu’un patient est filmé au sein d’un cabinet dentaire, il ne doit en aucun cas être identifiable. Son visage doit être flouté même si le patient souhaite donner une autorisation expresse de diffusion de son image. »
Pour l’Ordre, le secret professionnel est un principe absolu, dont le patient ne peut pas vous délier : son accord ne suffit donc pas. Il reste pourtant nécessaire, car même flouté, un patient ne participe à une vidéo qu’avec son accord. Tout élément qui permettrait de le reconnaître est à proscrire :
- son visage, son nom ou son prénom, un tatouage, un bijou ;
- une radiographie, une photo ou une capture d’écran qui porte son nom ou permet de le reconnaître ;
- le contexte : un rendez-vous raconté avec assez de détails pour qu’un proche s’y retrouve.
Pour illustrer un cas clinique, l’article R.4127-208 pose la règle : l’identification du patient doit être impossible.
04Compte professionnel, compte personnel
La déontologie vous suit hors du cabinet : l’article R.4127-203 vous demande de vous abstenir, « même en dehors de l’exercice de [votre] profession », de tout acte de nature à la déconsidérer. Et l’Ordre précise que si vous utilisez votre compte privé pour diffuser des informations ou des conseils professionnels, les règles de la communication professionnelle s’y appliquent.
Aucun texte n’impose deux comptes. Les séparer rend pourtant les choses plus simples :
- Le compte du cabinet
- Informations pratiques, annonces, prévention, relues comme une page de votre site. Il indique votre nom, votre titre de chirurgien-dentiste, l’adresse du cabinet et le lien vers votre site.
- Votre compte personnel
- Pour votre vie privée : pas de conseil professionnel, pas d’échange avec des patients sur leurs soins.
- Un pseudonyme
- Si vous publiez sous un pseudonyme pour des activités liées à votre profession, vous devez le déclarer à votre conseil départemental de l’Ordre (article R.4127-225).
- Vos titres
- Dans leur libellé officiel. « Spécialiste » est réservé aux trois spécialités reconnues, et l’usage de titres non autorisés par l’Ordre est interdit (article R.4127-220).
05Commentaires et messages
Sous une publication, quelqu’un écrit : « Merci docteur, ma couronne tient parfaitement ! » Y répondre en parlant du soin confirme publiquement que cette personne est votre patiente, et ce que vous lui avez fait. Le secret professionnel (article R.4127-206) s’applique aux commentaires comme aux avis.
- Remerciez sans rien confirmer, ou ne répondez pas.
- Ne donnez pas de conseil personnalisé en public : invitez la personne à contacter le cabinet.
- Ne traitez pas un cas en message privé sur le réseau : orientez vers le cabinet.
- Masquez un commentaire qui dévoile la santé de quelqu’un.
- Ne critiquez pas un confrère, même en réponse : l’Ordre rappelle l’interdiction de dénigrer.
Ces règles valent aussi pour un avis : le guide Avis Google et fiche d’établissement propose une réponse type qui ne confirme rien.
06Avant de publier
Un doute sur une publication ? Votre conseil départemental de l’Ordre peut vous conseiller, comme il le propose pour les annonces.
07Récapitulatif
| Publication | Statut | Texte |
|---|---|---|
| Horaires, fermetures, annonce d’installation | Permis | R.4127-219 |
| Conseils de prévention | Prudence | R.4127-215-1 |
| Photo de l’équipe | Si accord | Droit civil |
| Patient reconnaissable, même avec son accord | Interdit | R.4127-206 |
| Avant / après, vidéo accrocheuse | À éviter | Recommandations |
| Marque, jeu-concours, publireportage | Interdit | R.4127-225 |
| Réponse sur un soin en commentaire | À éviter | R.4127-206 |
Sur un site DoctoClic, le rapport de visites indique combien de visites arrivent des réseaux sociaux, sans cookie traceur : de quoi savoir si vos publications renvoient vers votre site.
Ce guide résume les textes et les recommandations de l’Ordre en vigueur au 28 septembre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre conseil départemental de l’Ordre ni celui d’un juriste.
08Sources
- Code de la santé publique, code de déontologie des chirurgiens-dentistes, articles R.4127-203, R.4127-206, R.4127-208, R.4127-215-1, R.4127-215-3, R.4127-219, R.4127-220 et R.4127-225 : Légifrance
- Décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 portant modification du code de déontologie des chirurgiens-dentistes et relatif à leur communication professionnelle (JO du 24 décembre 2020)
- Ordre national des chirurgiens-dentistes, recommandations sur la communication professionnelle, adoptées le 6 mai 2021 et modifiées en dernier lieu le 19 juin 2026
- Ordre national des chirurgiens-dentistes, La Lettre n° 196 (2022), « Les nouveaux médias et le praticien », présentée dans l’actualité Les nouveaux médias et le chirurgien-dentiste
- Ordre national des chirurgiens-dentistes, La Lettre n° 209 (novembre 2023), « Influenceurs : le temps de la pédagogie est terminé »
