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RGPD : ce que votre site doit prévoir
Qui répond de quoi, ce que vous devez dire aux visiteurs, ce que le formulaire peut demander, et quand un bandeau cookies est nécessaire. Avec les textes.
- Lecture : 9 min
- À jour au 13 octobre 2026
- Textes de référence cités
Le site d’un cabinet recueille peu de données : un message, une adresse e-mail, des statistiques de visite. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) s’applique pourtant. Ce guide détaille ce que les mentions obligatoires résument en quelques lignes. Dans le récapitulatif, chaque point est marqué Obligatoire ou Recommandé.
01Qui répond de quoi
Le RGPD distingue deux rôles. Le responsable du traitement décide pourquoi et comment les données sont traitées. Pour le site de votre cabinet, c’est vous, ou votre société d’exercice.
Le sous-traitant traite les données pour le compte du responsable, dans le cadre d’un service ou d’une prestation. Ce sont vos prestataires : celui qui fait fonctionner le site, l’hébergeur qui le garde en ligne, le service qui vous transmet les messages du formulaire.
Le responsable du traitement fait uniquement appel à des sous-traitants qui présentent des garanties suffisantes quant à la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles appropriées. Le traitement est régi par un contrat écrit, qui prévoit notamment que le sous-traitant n’agit que sur instruction documentée du responsable.
C’est donc à vous de répondre aux demandes des visiteurs et de tenir votre registre ; vos prestataires doivent vous en donner les moyens.
02Informer les visiteurs : la politique de confidentialité
Dès qu’une donnée est recueillie, l’article 13 du RGPD impose d’informer la personne au moment de la collecte, en termes clairs et simples (article 12). C’est le rôle de la politique de confidentialité. Elle indique :
- Qui
- L’identité et les coordonnées du cabinet, responsable du traitement.
- Pourquoi
- Les finalités, par exemple répondre aux messages ou mesurer la fréquentation, et leur base légale.
- Qui les reçoit
- Les destinataires des données, dont vos prestataires, et les éventuels transferts hors de l’Union européenne.
- Combien de temps
- La durée de conservation, ou les critères qui permettent de la fixer.
- Les droits
- Accès, rectification, effacement, limitation, opposition, portabilité, réclamation auprès de la CNIL, avec l’adresse où écrire.
La CNIL propose deux niveaux : quelques lignes sous le formulaire, qui renvoient à la page complète, elle-même liée depuis le pied de chaque page. Cette page ne porte que sur le site : l’information des patients sur leur dossier passe par l’affiche en salle d’attente que propose l’Ordre.
03Le formulaire de contact, sans donnée de santé
Un nom, une adresse e-mail, un téléphone facultatif et un message suffisent pour répondre. N’en demandez pas plus : l’article 5 du RGPD veut des données « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire ». La CNIL recommande aussi de signaler clairement les champs obligatoires.
Surtout, pas de champ « motif de consultation » ni « antécédents ». Les données concernant la santé font partie des catégories particulières dont l’article 9 interdit le traitement par principe, sauf exceptions : le formulaire d’un site n’est pas fait pour les recueillir.
Un patient peut pourtant décrire spontanément sa douleur. D’où un rappel visible, au-dessus du champ du message :
« N’indiquez aucune information médicale : elle se partage en consultation. En cas d’urgence, appelez le cabinet. »
Si un message en contient malgré tout, traitez-le comme tout échange avec un patient, couvert par le secret : ne le transférez pas, proposez d’appeler ou de prendre rendez-vous, et ne le gardez pas plus que nécessaire.
Les sites DoctoClic n’ont pas de formulaire de contact : vos patients vous joignent par téléphone, par e-mail si vous en affichez un, ou prennent rendez-vous en ligne avec l’agenda de votre choix.
04Cookies et traceurs : quand faut-il un bandeau ?
Un traceur est une information déposée ou lue sur l’appareil du visiteur : un cookie, un pixel invisible, un identifiant. L’article 82 de la loi Informatique et Libertés exige le consentement préalable du visiteur, sauf pour les traceurs strictement nécessaires au service qu’il a demandé.
Quand il est requis, la CNIL fixe les règles : une action positive du visiteur, un refus aussi simple que l’acceptation (« Tout refuser » au même niveau que « Tout accepter »), un retrait possible à tout moment.
- Le choix du visiteur
- Le traceur qui retient son choix sur les traceurs.
- La connexion
- L’authentification à un service et sa sécurité.
- L’affichage
- Le choix de la langue ou de la présentation, quand il fait partie du service.
- La charge du serveur
- La répartition du trafic entre les équipements.
- La mesure d’audience, sous conditions
- Pour le seul compte de l’éditeur du site, limitée à des statistiques anonymes, sans recoupement avec d’autres traitements, sans transmission de données non anonymes à des tiers, sans suivi d’un site à l’autre. La CNIL recommande d’en informer les visiteurs, de limiter la durée de vie des traceurs à 13 mois et de conserver les données 25 mois au plus.
Un site sans traceur soumis à consentement n’a donc ni consentement à recueillir, ni bandeau à afficher. Deux vigilances : un contenu intégré d’un autre service (vidéo, carte interactive, bouton de partage d’un réseau social) peut déposer ses propres traceurs ; et une mesure d’audience n’est pas exemptée si son fournisseur réutilise les données pour son propre compte.
Sur un site DoctoClic, aucun traceur soumis à consentement : la fréquentation est comptée sans cookie, sans identifiant et sans conserver l’adresse IP, et la politique de confidentialité l’explique. Le plan d’accès et la prise de rendez-vous s’ouvrent par un simple lien. Pas de bandeau, donc.
05Durées de conservation et droits des personnes
Les données ne se gardent pas indéfiniment : l’article 5 du RGPD limite leur conservation à la durée nécessaire au but poursuivi. Pour chaque usage du site, fixez une durée, écrivez-la dans la politique de confidentialité et respectez-la :
- les messages du formulaire : le temps de traiter la demande, puis suppression, sauf si l’échange doit rejoindre le dossier du patient ;
- les statistiques de visite : 25 mois au plus, selon la recommandation de la CNIL pour la mesure d’audience ;
- le dossier du patient suit ses propres règles, en principe 20 ans à compter de la dernière consultation selon le modèle de registre de l’Ordre : il n’a rien à faire sur le site.
Toute personne peut demander l’accès à ses données, leur rectification ou leur effacement, la limitation du traitement, leur portabilité, ou s’y opposer (articles 15 à 22). Vous répondez au plus tard dans un mois, délai prolongeable de deux mois pour une demande complexe si vous prévenez la personne dans le premier mois (article 12). En cas de doute raisonnable sur son identité, vous pouvez demander un justificatif.
06Le registre et le contrat de sous-traitance
L’article 30 du RGPD dispense du registre les structures de moins de 250 employés, sauf notamment si le traitement n’est pas occasionnel ou s’il porte sur des données de santé. C’est le cas d’un cabinet. La CNIL le confirme : un professionnel de santé libéral doit tenir un registre des activités de traitement, le garder en interne et le présenter en cas de contrôle.
L’Ordre en propose un modèle, pré-rempli pour les patients, le personnel et les fournisseurs. Ajoutez-y une fiche pour le site : formulaire de contact et mesure de fréquentation, avec leurs durées de conservation et vos prestataires comme sous-traitants. Si vous exercez à titre individuel, la désignation d’un délégué à la protection des données n’est pas obligatoire ; elle le devient si vous traitez des données de santé à grande échelle, par exemple dans un centre de santé, selon la CNIL.
Le contrat est écrit, y compris sous forme électronique. Il définit l’objet, la durée, la nature et la finalité du traitement, les données et les personnes concernées. Il prévoit notamment que le sous-traitant n’agit que sur vos instructions, garantit la confidentialité et la sécurité, ne recrute un autre sous-traitant qu’avec votre autorisation écrite, vous aide à répondre aux demandes de droits, et supprime ou vous rend les données en fin de contrat.
Demandez ces clauses à votre prestataire de site : dans ses conditions générales ou dans un document à part. La CNIL en publie un exemple dans son guide du sous-traitant. Sur un site DoctoClic, elles figurent à l’annexe 1 des conditions générales de vente.
07Récapitulatif
| Point | Statut | Où, comment |
|---|---|---|
| Politique de confidentialité | Obligatoire | Page dédiée, liée au formulaire et au pied de page |
| Quelques lignes d’information sous le formulaire | Recommandé | Avec un lien vers la politique |
| Formulaire limité au nécessaire | Obligatoire | Nom, e-mail, téléphone facultatif, message |
| Rappel : aucune information médicale | Recommandé | Au-dessus du champ du message |
| Consentement avant tout traceur non exempté | Obligatoire | Bandeau avec « Tout refuser », ou pas de traceur |
| Informer de la mesure d’audience exemptée | Recommandé | Politique de confidentialité |
| Durées de conservation définies | Obligatoire | Registre et politique de confidentialité |
| Réponse aux demandes de droits | Obligatoire | Sous un mois, par l’adresse indiquée |
| Registre des activités de traitement | Obligatoire | En interne, avec une fiche pour le site |
| Contrat avec chaque sous-traitant | Obligatoire | Écrit, avec les clauses de l’article 28 |
Sur un site DoctoClic, la politique de confidentialité est rédigée à votre nom et avec vos coordonnées, et le site ne dépose aucun traceur soumis à consentement : il vous reste à la relire et à compléter votre registre.
Ce guide résume les textes et les recommandations de la CNIL en vigueur au 28 septembre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre conseil départemental de l’Ordre ni celui d’un juriste.
08Sources
- Règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD), articles 4, 5, 9, 12, 13, 15 à 22, 28 et 30 : EUR-Lex
- Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, article 82 : CNIL
- CNIL, cookies et traceurs : que dit la loi ? (lignes directrices et recommandation du 17 septembre 2020) et solutions pour la mesure d’audience (4 juillet 2025)
- CNIL, RGPD et professionnels de santé libéraux et exemples de formulaires de collecte
- Délibération CNIL n° 2020-081 du 18 juin 2020, référentiel pour les cabinets médicaux et paramédicaux : Légifrance
- Ordre national des chirurgiens-dentistes, affichages réglementaires et RGPD : modèle de registre et modèle d’affiche
